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GILLES MARCOTTE
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BESTIAIRE +ERIC DUPONT+ ROMAN+ 304 PAGES+24,95$+ISBN:978-2-922944-46-4
Un après-midi de 1976, Nadia Comaneci, gymnaste affamée, remporte la note parfaite aux Olympiques de Montréal. Ainsi commence le voyage de toute une génération. Eric Dupont, devant son poste de télé à 450 kilomètres de là est obnubilé par cette prestation. Né d'un père agent de police qui aura six femmes et d'une mère cuisinière de métier, il sera élevé dans les règles les plus strictes du patriotisme québécois. Envoyés à l'école épinglés d'une fleur de lys dans un comté fédéraliste, obligés de boycotter les chocolats Cadbury dont la très convoitée Caramilk car leurs usines avaient été déménagées à Toronto, prononçant le nom de René Lévesque comme celui d'un Dieu, Eric et sa sœur deviennent de petits combattants malgré eux. La terre tremble régulièrement en Gaspésie à cette époque et Eric ressent 200 fois par année un petit tremblement de terre, à tous les 1,82 jours. Son sismographe intérieur est plus sensible que celui des autres et donne lieu à une magnifique épopée dans les intérieurs d'une famille éclatée, en déménagement perpétuel. Le Bestiaire d'Eric Dupont nous montre comment les souvenirs peuvent devenir des armes. Un livre émouvant qui provoque le rire et les larmes. Le témoignage attendu des enfants d'Expo 67. En prime, l'apparition du premier timbre québécois.

Eric Dupont est né à Amqui (Gaspésie) en 1970. Il est l'auteur de Voleurs de sucre (2004) et La logeuse (2006). Il enseigne la traduction à l'Université McGill.
Montréalais d'origine écossaise, star internationale du cinéma, vedette de l'heure, Peter Kelman, à force d'être une icône, a l'impression d'avoir perdu une part de lui-même. Cinéphile passionnée aux ambitions incertaines, Renée St-Cyr cherche comme une adolescente attardée un bonheur en Technicolor. Dans son appartement de la Croix-Rousse, ancien quartier ouvrier de la ville des frères Lumière, Victoria Gryphe, 93 ans, en a marre et croit qu'il ne lui reste plus qu'à attendre que " le bon dieu vienne enfin la chercher ". À la faveur de la rencontre de la vieille dame esseulée, de l'acteur désabusé et de la jeune fille perdue, se déploient et s'entremêlent trois lignes de vie - l'une traversant presque un siècle et les deux autres cherchant encore à se trouver un sens. Et, planant sur cet enchevêtrement de chemins, l'ombre rieuse de Charlie Chaplin.

Mélikah Abdelmoumen est née au Québec en 1972. Elle est l'auteure de Chair d'assaut (1998), Prix de la première œuvre au Salon du Livre du Saguenay Lac-St-Jean et d'Alia (Marchand de feuilles, 2006), finaliste au Prix littéraire des collégiens 2007. Elle a également signé plusieurs nouvelles, scénarii et articles sur la littérature contemporaine et le cinéma. Victoria et le Vagabond est son cinquième roman.
VICTORIA ET LE VAGABOND+MÉLIKAH ABDELMOUMEN+ ROMAN + 288 PAGES+ 23,95$
ISBN:978-2-92294445-7
Récit déconstruisant le mythe de la mère juive sur fond d'un Montréal cosmopolite, d'intégration grinçante, d'hivers funestes, de quête identitaire, La bar-mitsva de Samuel évoque avec humour la quête d'un père absent. Samuel, jeune juif français de la banlieue nord de Paris, émigre au Québec à l'orée de son adolescence à la fin des années 1970. Sous l'apparence d'un enfant passif, dépassé, dépossédé d'un destin qu'il ne maîtrise pas, il prend patiemment conscience de sa propre existence, de la brutalité de la vie et de la bêtise humaine. L'histoire de Samuel s'enracine dans l'univers familier de son école secondaire, des repas hasardeux en famille, de la préparation de sa bar-mitsva, de ses courtes vacances à la campagne et du choc des cultures.
David Fitoussi est né en France et a grandi dans le quartier Snowdon de Montréal. Il a travaillé en Kibboutz, obtenu un baccalauréat en sciences de l'Université de Montréal, travaillé comme chauffeur de taxi de nuit et comme agent immobilier. Il vit depuis peu en Israël, dans une petite ville aux abords de la Méditerranée où il élève ses quatre enfants.
LA BAR-MITSVA DE SAMUEL +DAVID FITOUSSI+ ROMAN+ 304 PAGES+22,95$+ISBN:978-2-922944-50-1
ZINC NUMÉRO 24, NUMÉRO SPÉCIAL FORÊTS, ISSN: 1708-4504, 6.95$
Un hôpital, c'est comme un petit village doté d'une route principale, où tout le monde finit par se croiser sans le vouloir. Il n'y a pas que les malades pâlichons en posture cercueil-pédic dans les unités de soins prolongés. Miss Gratteux rêve de gagner à la loterie, le plombier-joaillier présente ses bijoux à la foire d'artisanat des employés et le gériatre timide, qui arrive de la Côte-Nord, fait rêver l'infirmière-chef. Mélisse, elle, ses paroles s'écrivent dans des phylactères et elle survit à son travail en nageant.

Illustration de la touchante faillibilité des humains, Dans sa bulle est également un livre sur l'importance du père dans la vie d'une femme et une lunette d'approche qui nous permet de poser un regard sur le microcosme d'un hôpital, un lieu de toutes les découvertes. Les médecins ont-ils tous fait le serment d'Hippocrate ? Que dire de L'affaire du doigt ? Et de la tentative de meurtre à l'épluche-patates ? Certains passages pourront vous faire rougir comme une pivoine.

Suzanne Myre est lauréate du Grand Prix littéraire de Radio-Canada et du prix Adrienne-Choquette, finaliste au Prix des libraires et au prix France-Québec. Dans sa bulle est son sixième livre, mais il s'agit de son premier roman. Elle s'est inspirée de l'hôpital plein de microbes où elle pousse des civières et des fauteuils roulants à bout de bras, grâce à ses tout petits bras.
DANS SA BULLE + SUZANNE MYRE + ROMAN + ISBN 9782922944686 + 416 PAGES + 29.95$
L'année 2011 a été proclamée Année internationale de la forêt par l'ONU et l'équipe de Zinc s'est sentie interpellée puisque nous vivons dans un pays regorgeant de végétation. Nous nous sommes donc interrogés sur ce qu'elle représente aujourd'hui dans notre imaginaire collectif et ce qu'elle inspire à nos collaborateurs.

Dans ce 24e numéro, Patrick Nicol nous raconte l'histoire d'une étrange marcheuse en forêt qui longe les tracks de chemins de fer dans tous les sens, Éric McComber nous amène dans les bois polonais aussi riches en Histoire qu'en arbres, alors que la protagoniste de Yollande Villemaire voit des anges dans la clairière où elle se réfugie. Quant au poète Claude Beausoleil, il signe dans cette édition de Zinc un poème en forme de conifère et Lisanne Rheault-Leblanc nous amène à la chasse aux gros mammifères.

Bien entendu, nous n'avons pas su résister à la tentation d'intégrer à ce « spécial forêts » la figure du bûcheron. C'est pourquoi nous nous penchons également sur la sculpture à la tronçonneuse ainsi que sur les nouveaux débroussailleurs abitibiens qui viennent aujourd'hui de partout dans le monde, comme nous le confie la réalisatrice du documentaire Les Fros, Stéphanie Lanthier. En prime, le dernier repas des Coureurs des bois et un guide de survie en forêt.

Promenons-nous dans les bois avec le 24e numéro de la revue Zinc.
ÉPIQUE + WILLIAM S. MESSIER + ROMAN+ ISBN 9782922944693+ 273 PAGES + 19.95$
Dans le tout Brome-Missisquoi, l’été 2005 fait partie du folklore. Il s’agit de l’été du grand déluge, celui où il avait tant plu que la population locale avait dû se rassembler au sommet des monts Glen, Sutton, Pinnacle, ou Bromont pour ne pas être emportée par les flots. Tout le monde se souvient de ce qu’il faisait au moment où la pluie a commencé à tomber. Étienne, lui, ramassait des charognes le long des routes de la région, emploi qu’il avait accepté sans réfléchir parce qu’il s’était trouvé grandement déconcentré par les beaux yeux d’Élisabeth, la charmante préposée au comptoir de l’assurance-emploi qu’il surnomme : la licorne. C’est donc avec un boulot d’équarrisseur pigiste qu’Étienne entame la saison estivale, aux côtés du légendaire Jacques Prud’homme. C’est toute une chance, car on dit de ce dernier qu’il est pourvu du don d’ubiquité : il peut défricher une forêt au grand complet à la hache, remporter un concours de mangeurs de hot-dogs et claquer un grand chelem lors d’une partie de balle-molle régionale en même temps. Épique est le récit d’un été en pick-up dans les Cantons-de-l’Est. Avec ce premier roman, William S. Messier parle de la terre, d’exploits agricoles, de déluge et de héros. Il livre un récit tissé de légendes en technicouleur qui défilent comme sur un écran de jeu vidéo.

William S. Messier a publié Townships chez Marchand de feuilles en 2009. Il poursuit actuellement des études sur l’oralité en littérature américaine tout en travaillant dans le milieu de l’édition. Il est né à Cowansville et vit à Montréal.
LES ENFANTS MOROSES+ FANNIE LOISELLE+MINIATURES+140 p.+19.95$+ ISBN 9782922944730
Les enfants moroses croient en la beauté de ce qui est oublié : le calendrier de l’avent, acheté en solde après les fêtes ; un coquillage rose et blanc, trouvé dans la rue, en plein centre-ville ; une lettre de rupture, récupérée dans le bac à recyclage du voisin, et griffonnée au verso d’une recette de pain aux bananes. Grâce à ces artefacts, le bonheur se coagule dans la monotonie du quotidien. Une femme produit trop de lait maternel et le tire, souhaitant s’en servir afin de faire la cuisine pour ses collègues ; un homme parle de la pyramide de Maslow : où trouver le bonheur alors que sa vie n’est pas menacée ? Les narrateurs abandonnés à leur solitude transforment le quotidien en petites épiphanies. Les enfants moroses est un livre qui dévoile comment les contes de fée entendus dans l’enfance nous marquent parfois d’une manière secrète, posant à notre insu les balises d’une certaine conception du monde. Un livre qui, avec une grande subtilité, mêle passé et futur, souvenirs et prophéties. À la lecture des miniatures qui composent Les enfants moroses on s’éclaire de l’intérieur.

Fannie Loiselle est née à Saint-Jean-sur-Richelieu en 1985. Elle travaille comme sous-titreuse et elle est lectrice bénévole pour des fondations d’alphabétisation. Elle a complété une maîtrise en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Les enfants moroses est son premier livre.
L'ENFANT DANS LE MIROIR + NELLY ARCAN + ILLUSTRATIONS PASCALE BOURGUIGNON+ 64 PAGES+15,95$+ISBN 978-2-922944-36-5
Conte cruel pour jeunes filles, L'enfant dans le miroir raconte les angoisses reliées à la quête de la beauté. Pascale Bourguignon, illustratrice, nous donne le passe-partout du serrurier pour entrer dans l'univers de Nelly Arcan. Ce livre-cadeau rempli de papillons crève-cœur, de femmes-cloches et de forêts de miroirs propose une nouvelle vision des mythologies entourant l'esthétique dans un monde où les héroïnes se délestent de leurs crinolines pour les réduire en maille. Un livre doux-amer et rouge comme un thé à l'hibiscus bu sous une pluie de confettis. On en sort marqué comme par un dernier baiser avant l'au revoir.
Nelly Arcan est née en 1973 à Lac-Mégantic ville du granit et de l'ardoise. Son premier roman, Putain, récit éblouissant de colère (Finaliste au prix Fémina et au prix Médicis) est publié au Seuil en 2001. Folle, publié en 2004, consolide son enquête des affres de l'esprit féminin. Son troisième roman, À ciel ouvert publié en 2007 marque la fin d'un cycle romanesque alors qu'elle se tourne vers la fiction.

Un vieux Chinois à l'allure centenaire s'installait à la sortie du métro Tsim Sha Tsui à Honk Kong avec son nécessaire à calligraphie pour écrire les lettres que lui dictaient les chauffeurs de taxi analphabètes et les billets des jeunes filles de joie épuisées qui n'arrivaient plus à contrôler le tremblement de leurs mains. C'est à ce scribe que pense Sylvie lorsqu'elle découvre, à son retour de Chine, des murs entiers recouverts de je t'aime en idéogrammes chinois dans le local d'une ancienne blanchisserie de la rue Principale de sa ville natale.

Sylvie cherchera des pistes, se lancera sur la trace du mystérieux calligraphe à l'origine de cette longue et merveilleuse prière. C'est avec l'aide d'un ancien camarade de classe, de la serveuse du buffet chinois, d'un réceptionniste de motel et d'une petite fille amatrice de libellules qu'elle parviendra à trouver quelques réponses. C'est aussi grâce à eux et au souvenir des gens qu'elle a laissés derrière elle qu'elle commencera à comprendre que son existence s'inscrit dans une histoire qui la dépasse, dans une longue et improbable saga.

Ce roman raconte le passage, contre vents et marées, de l'Orient vers l'Occident. Dans ce premier tome, fin et délicat comme la porcelaine, Michèle Plomer nous rappelle que, même poussés par notre désir de tout recommencer à neuf, de se dépouiller de nos vieux habits et d'affronter, enfin, notre destin, certaines choses s'inscrivent de manière indélébile dans nos chairs. Elle nous apprend aussi que les objets ont parfois une mémoire qui survit aux hommes qui les chérissaient.
PORCELAINE+ DRAGONVILLE TOME 1 +MICHÈLE PLOMER+ ROMAN+ 313 p.+ 24.95$+ISBN 978-2-922944-72-3
EMBRASSER YASSER ARAFAT + ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE + 82 PAGES, 14.95$, ISBN 9782922944754
Lorsqu’Anaïs apprend le décès de Yasser Arafat, quelques mois après l’avoir rencontré dans son palais en ruines de Ramallah, elle a un doute, un petit frisson. Sa mort est mystérieuse, certains racontent qu’il a succombé à un « empoisonnement par le baiser ». Anaïs se souvient que le vieux révolutionnaire l’avait accueillie chez lui, qu’il lui avait tendu une assiette de biscuits au chocolat et qu’il l’avait embrassée sur la bouche. Yasser Arafat embrassait tout le monde, mais il aimait particulièrement les femmes. Anaïs Barbeau-Lavalette est allée plusieurs fois en Palestine pour étudier, pour y filmer aussi. Elle a entre autres suivi le réalisateur Denis Villeneuve et son équipe afin de tirer un making of du film Incendies et d’en documenter la production. Mais de ce pays Anaïs Barbeau-Lavalette a aussi rapporté ses souvenirs et ses propres représentations. Et elle est devenue, petit à petit, le personnage principal d’une épopée au pays des figues et de la pomme grenade. En arabe, Ramallah signifie « désert de Dieu » et pourtant, le récit qu’elle nous en rapporte est densément peuplé. Embrasser Yasser Arafat est un recueil de chroniques qui rassemble des personnages colorés qui font bouillir des têtes de moutons pour les grandes occasions, qui préparent du thé à la sauge, qui se déguisent en superhéros pour tromper l’ennui et qui vont chercher, en cachette, du vin chez les Samaritains. Et même lorsqu’ils évoquent leurs enfants disparus, même quand ils se font refouler après des heures d’attente dans un checkpoint et malgré la tension qui règne dans les rues de la ville, il y a dans le récit qu’en fait Anaïs Barbeau-Lavalette une beauté et une quiétude étonnantes. Sa voix, résolue mais délicate, se déploie en toute sobriété dans le vacarme parfois assourdissant de la capitale palestinienne. Car la résistance et le respect de soi-même ne sont pas toujours affaire de bruit. Elles s’inscrivent aussi dans l’oeil de ceux qui les appellent de leurs voeux.

LA JUCHE + GENEVIEVE JANNELLE + ROMAN + 176 PAGES + 22.95$ + ISBN 9782922944761
Cayo Santori n’enlève jamais ses chaussures devant un homme, ni devant qui que ce soit. Elle regarde tout ce qui l’entoure perchée sur ses talons effilés.
Ce n’est pas tant les chaussures qu’elle aime, que de se hisser sur celles-ci. La juche, voilà ce qui compte. Donner à la femme une démarche à sa hauteur. C’est pourquoi elle confectionne des chaussures, des créations exclusives et précieuses que ses admiratrices s’arrachent. Mais on n’achète pas des
Cayo :on est élu par leur conceptrice, qui choisit de jucher celles que l’inspiration appelle. Tout comme on ne marchande pas son affection non plus. Le jeune loup Jérôme Durand l’apprendra à ses dépens. Lorsqu’il quittera sa femme pour tenter de séduire Cayo, il se retrouvera malgré lui au centre d’un univers où elle règne en maître. Geneviève Jannelle a le sens du détail, des choses rares et inusitées. La juche est un roman sulfureux et invitant dans lequel les mules en
chevreau aubergine, les escarpins aux talons d’ivoire, les nœuds de satin doré et les cabochons de porcelaine ne sont pas que des accessoires d’apparat. Ils sont un piédestal majestueux, qui parvient à montrer ce que la femme a de plus beau. Ils sont aussi une arme qui confère à la juchée un pouvoir considérable.