LA MESURE DU MONDE, PHILIPPE LAVALETTE, CHRONIQUES, 176 PAGES, 22.95$,
ISBN 9782923896014
S’il est donné à chacun de voir et sentir les choses qui l’entourent, Philippe Lavalette, lui, parvient aussi à les
capter. Deux joueurs de hautbois et de clarinette discutent golf dans un zodiac en pleine baie d’Hudson.
Des poissons frugivores attendent qu’une mangue se détache d’un arbre en Amazonie. Des juifs religieux font
un tas avec les téléphones portables des victimes d’un attentat à Jérusalem. Des paysans biélorusses écoutent
une version traduite du téléroman « Scoop » dans un village en banlieue de Minsk. Une petite fille lit les lignes
de la main dans les montagnes arides de l’Épire. Le directeur photo Philippe Lavalette nous ouvre ses carnets
et nous présente dans La mesure du monde ces étonnantes images qui n’ont rien de statique. Bien plus que des
instantanés, elles sont des scènes qui se déploient dans le temps et qui occupent tout l’espace dans l’oeil du
caméraman. Le récit que Philippe Lavalette fait de ses nombreuses prises nous amène d’Haïti à Tokyo, en
passant par les petites ruelles de Montréal. Tel un arpenteur, il sait mesurer et apprécier l’espace, tracer ou
franchir des frontières, se frotter aux courbes de la nature et jauger le temps qui passe. La mesure du monde
relate le parcours d’un géodésien de l’image, d’un chorégraphe du réel. Ses notes sont pareilles à une pellicule
cinématographique : sensibles et lumineuses.


Formé à l’École Louis Lumière à Paris, Philippe Lavalette est directeur photo. Il signe d’abord la photographie de films expérimentaux, puis s’intéresse au film scientifique et devient cinéaste associé au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique, France). Depuis son arrivée au Québec, il a mis sa caméra au profit de nombreux documentaires intimistes, de longs-métrages, de téléfilms et de séries dramatiques.
photo: dominic chartrand