EMBRASSER YASSER ARAFAT + ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE + CHRONIQUES + 82 PAGES, 14.95$,
ISBN 9782922944754
Lorsqu’Anaïs apprend le décès de Yasser Arafat, quelques mois après l’avoir rencontré dans son palais
en ruines de Ramallah, elle a un doute, un petit frisson. Sa mort est mystérieuse, certains racontent qu’il a
succombé à un « empoisonnement par le baiser ». Anaïs se souvient que le vieux révolutionnaire l’avait
accueillie chez lui, qu’il lui avait tendu une assiette de biscuits au chocolat et qu’il l’avait embrassée sur la bouche.
Yasser Arafat embrassait tout le monde, mais il aimait particulièrement les femmes. Anaïs Barbeau-Lavalette
est allée plusieurs fois en Palestine pour étudier, pour y filmer aussi. Elle a entre autres suivi le réalisateur
Denis Villeneuve et son équipe afin de tirer un making of du film Incendies et d’en documenter la production.
Mais de ce pays Anaïs Barbeau-Lavalette a aussi rapporté ses souvenirs et ses propres représentations.
Et elle est devenue, petit à petit, le personnage principal d’une épopée au pays des figues et de la pomme
grenade. En arabe, Ramallah signifie « désert de Dieu » et pourtant, le récit qu’elle nous en rapporte est
densément peuplé. Embrasser Yasser Arafat est un recueil de chroniques qui rassemble des personnages
colorés qui font bouillir des têtes de moutons pour les grandes occasions, qui préparent du thé à la sauge,
qui se déguisent en superhéros pour tromper l’ennui et qui vont chercher, en cachette, du vin chez les
Samaritains. Et même lorsqu’ils évoquent leurs enfants disparus, même quand ils se font refouler après des
heures d’attente dans un checkpoint et malgré la tension qui règne dans les rues de la ville, il y a dans le récit
qu’en fait Anaïs Barbeau-Lavalette une beauté et une quiétude étonnantes. Sa voix, résolue mais délicate, se
déploie en toute sobriété dans le vacarme parfois assourdissant de la capitale palestinienne. Car la résistance
et le respect de soi-même ne sont pas toujours affaire de bruit. Elles s’inscrivent aussi dans l’oeil de ceux qui
les appellent de leurs voeux.

Anaïs Barbeau-Lavalette, née en 1979, est une réalisatrice montréalaise (Le Ring, Inch'allah) mais aussi l'auteur du roman Je voudrais qu'on m'efface (Hurtubise, 2010) et des chroniques de voyage en Palestine (Embrasser Yasser Arafat, 2011).
En 2012, elle est nommée Artiste pour la Paix. Au printemps 2016, son roman LA FEMME QUI FUIT remporte le Prix des libraires du Québec.
photo: sarah scott
LA FEMME QUI FUIT + ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE + ROMAN + 464 PAGES, 24.95$, ISBN 9782923896502
Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s'appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours.

Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l'auteur a engagé une détective privée.
Les petites et grandes découvertes n'allaient pas tarder.

Enfance les pieds dans la boue, bataille contre les petits Anglais, éprise d'un directeur de conscience, fugue vers Montréal, frénésie artistique des Automatistes, romances folles en Europe, combats aux sein des mouvements noirs de l'Amérique en colère; elle fut arracheuse de pissenlits en Ontario, postière en Gaspésie, peintre, poète, amoureuse, amante, dévorante… et fantôme.

La femme qui fuit est l'aventure d'une femme explosive, une femme volcan, une femme funambule, restée en marge de l'histoire, qui traversa librement le siècle et ses tempêtes
.
Pour l'auteur, c'est aussi une adresse, directe et sans fard, à celle qui blessa sa mère à jamais.